- Lot 34

Lot n° 34
Aller au lot
Estimation :
200 - 250 EUR
Résultats avec frais
Résultat : 264EUR
- Lot 34
SULLY PRUDHOMME, René Armand François PRUDHOMME dit (1839-1907), poète français, premier lauréat du Prix Nobel de littérature en 1901. 3 lettres autographes signées, dont une d’Ollans en Franche-Comté. [1ère lettre] Paris, 28 mars 1878, à un ami. 4 pp. in-8°. Lettre intéressante concernant les difficultés d’édition du poème philosophique La Justice avec les inquiétudes de son auteur quant à son accueil, et donnant le portrait touchant que le poète trace de Louise Labelonye, l’une de ses muses.  Sully Prudhomme est empêché d’aller se reposer à la campagne chez sa servante Hortense, et en donne les raisons : il souhaite rencontrer son ami à Paris vers Pâques. « Vous m’apportez ce que je ne trouve jamais ici, une philosophie tempérée et un goût littéraire fin et tendre, cela me retrempe et me repose. Les extrêmes en toutes choses me fatiguent et me mettent en défiance, et tout le monde à Paris, artistes, écrivains, et public s’y portent sans mesure. » Il évoque ensuite une grève de typographes qui « a suspendu l’impression de mon poème [« La Justice »], il était presque en état de paraître ; je pense qu’il pourra être mis en vente le 10 avril » et il devra être présent pour les envois. Le 19 et 20, il met un terme au bail de l’un de ses locataires, avec qui il a des difficultés. Ainsi, il passera le mois d’avril à Paris, à moins d’aller faire un tour en Brie, mais le temps est si variable qu’il n’y pense guère. Il revient sur son poème : « Je suis inquiet du sort de mon poème, j’ai peur qu’on y trouve pas assez d’images et de mouvement. Le sujet est trop peu familier aux clients habituels de la muse. Enfin, à la grâce de Dieu ! » [Sully y avait mis beaucoup d’ambition philosophique]. Il vante ensuite les mérites de Madame Labelonye, et se réjouit que son ami corresponde avec elle : « elle a l’esprit libre, ouvert à tout, et parfois très audacieux ; les préjugés ne l’ont pas vaincue ; tout ce qu’il y a de bon en elle (et c’est beaucoup) vient de son cœur et de la rectitude de son esprit ; elle ne doit à l’éducation que le savoir-vivre extérieur ; elle sait vivre au-dedans avec une originalité rare. Je l’aime de tout mon cœur, et vous ferez de même, si ce n’est fait. »  Madame Louise Labelonye est la veuve du pharmacien et député Jean-Pierre Labelonye, inventeur du sirop portant son nom. Sensible à ses charmes, Sully lui dédiera plusieurs poèmes dont Le tourment divin paru dans le recueil Poésies 1878-1888. [3ème lettre] Ollans, 8 mai 1896, à un confrère traducteur qui lui avait demandé une préface. 4 pp. in-8° bi-feuillet sur papier quadrillé.  Belle et longue lettre adressée du château d’Ollans où le poète venait régulièrement en villégiature. Il évoque la précipitation avec laquelle il a composé son poème pour l’inauguration du Musée Social de Paris, et ses scrupules littéraires concernant la rédaction d’une préface. Il a reçu sa lettre « en Franche-Comté où je suis depuis un mois chez des amis pour le mariage de l’une de leurs filles en qualité de témoin. J’y vais à peu près tous les ans passer un mois ». Il rentre à Paris dans trois jours. Il est très embarrassé car il n’a reçu aucune nouvelle de Gaston de Raimes qui devait lui envoyer le manuscrit de son correspondant. Il ne connait donc son ouvrage que par des articles que ce dernier lui a adressés. « En outre, votre lettre m’est arrivée au moment où je composais un poème de 70 vers pour l’inauguration du Musée Social à Paris ; cette solennité a eu lieu dimanche dernier, j’étais très en retard. » Il s’est donc tenu à des généralités dans la préface que lui demande son correspondant, et ne souhaite la donner à l’imprimeur qu’après en avoir pris connaissance et lui avoir communiquer les corrections « sans le moindre scrupule puisque je n’ai pu me faire une idée complète de votre traduction ». Il l’invite ensuite à lui renvoyer la préface s’il en est satisfait. « je la copierai sur le papier du format que vous m’indiquerez ; je suis au dépourvu ici et, du reste, je ne la copierai qu’après votre approbation. » Il se plaint encore de n’avoir rien reçu de Raimes. « Vous auriez sagement fait de me faire envoyer les épreuves à mesure que l’ouvrage s’imprimait, je n’aurais pas été pris au dépourvu. Il y a très peu de parisiens, surtout parmi les écrivains occupés, qui puissent fournir un travail aussitôt qu’il le voudrait [sic, erreur grammaticale due à un palimpseste]. Notre vie est si compliquée ! »  Ancienne collection de Monsieur Eric Duprey, de Chatenay.   Petit manque de papier en coin sans atteinte au texte.  [2ème lettre] Chatenay, dimanche [26 juillet 1896], à une dame [Madame Léopold ALBERTI]. 5 pp. in-12. Il rend compte de la démarche qu’il a faite auprès du Président de la République Félix Faure en faveur de Madame Louise Boissonnet, veuve de son ami et collègue académ
Mes ordres d'achat
Informations sur la vente
Conditions de vente
Retourner au catalogue